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Prévoyance du dirigeant TNS : Ce que la réforme de l'assiette sociale change en 2026

il y a 6 heures
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Prévoyance dirigeant TNS : adapter ses contrats Madelin après la réforme de l'assiette sociale 2026
Prévoyance dirigeant TNS : adapter ses contrats Madelin après la réforme de l'assiette sociale 2026

Beaucoup de dirigeants travailleurs non salariés (TNS) s'estiment correctement protégés par leurs régimes obligatoires. Dans les faits, ces régimes peuvent comporter des limites importantes en cas d'arrêt de travail prolongé, d'invalidité ou de décès. La réforme de l'assiette sociale, entrée en application en avril 2026, modifie la base de calcul des cotisations. Chaque chef d'entreprise a donc intérêt à vérifier ce que sa prévoyance couvre vraiment, et ce qu'il convient de compléter.


I) Prévoyance du dirigeant TNS : le régime obligatoire en détail


A) SSI, CNAVPL, régime général : quelle couverture selon votre statut


La protection sociale d'un dirigeant dépend directement de son statut social, avec des écarts de couverture significatifs d'un statut à l'autre.


Le gérant majoritaire de SARL, l'entrepreneur individuel et le conjoint collaborateur relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Ils cotisent obligatoirement pour la maladie, la retraite, l'invalidité-décès et les allocations familiales. Le niveau de protection est réel, mais plafonné. Les montants versés couvrent rarement l'intégralité des besoins d'un dirigeant.


Les professions libérales réglementées comme les médecins, avocats, architectes ou experts-comptables relèvent de la CNAVPL et de leurs caisses spécifiques (CARMF, CNBF, CIPAV…). Pour les professionnels rattachés à la CIPAV, les indemnités journalières existent depuis le 1er juillet 2021, ce qui n'était pas le cas auparavant. Les niveaux de franchise et d'indemnisation varient selon chaque caisse interprofessionnelle. Pour la CIPAV, le délai de carence est de 3 jours et le versement est plafonné à 90 jours maximum. Passé ce délai, aucune indemnisation automatique ne prend le relais tant qu'aucune pension d'invalidité n'est reconnue. C'est cette limite dans le temps qui constitue le principal point de vigilance pour ces profils.


Le président de SAS ou de SASU, lui, relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié. Sa couverture maladie et ses indemnités journalières sont plus favorables, mais la logique de prévoyance complémentaire qui s'applique à lui est entièrement différente de celle du TNS.


B) La réforme de l'assiette sociale d'avril 2026 : ce qui change concrètement


Depuis avril 2026, la base de calcul des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants a été profondément revue. Trois évolutions sont à retenir.


  1. Une assiette unique

Jusqu'à présent, deux bases de calcul distinctes coexistaient, l'une pour les cotisations sociales, l'autre pour la CSG-CRDS. Cette réforme, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, devait initialement s'appliquer dès les revenus 2025. Son entrée en vigueur a toutefois été reportée à la régularisation d'avril 2026, c'est-à-dire à l'ouverture de la campagne déclarative portant sur les revenus 2025. Depuis cette date, une assiette unique sert au calcul de l'ensemble des prélèvements.


  1. Un abattement forfaitaire de 26 %

La nouvelle assiette correspond au revenu professionnel brut du dirigeant, sans déduction des cotisations sociales ni de la CSG déductible. En contrepartie, l'Urssaf applique un abattement forfaitaire de 26 % sur ce montant avant calcul des cotisations, soit une assiette égale à 74 % du revenu brut.


  1. Un rééquilibrage entre CSG-CRDS et cotisations contributives

La part de CSG-CRDS diminue, au profit des cotisations maladie et retraite. Une part plus importante des prélèvements génère ainsi des droits individuels, notamment en matière de retraite.


Point important : L'Urssaf indique que cette réforme vise, dans son principe, à réorganiser la répartition des prélèvements plutôt qu'à en augmenter le montant global. Les effets concrets peuvent néanmoins varier selon la structure de revenus de chaque dirigeant.


C) Couverture SSI : chiffres et plafonds du régime de base


Pour les dirigeants relevant de la SSI comme les gérants majoritaires ou entrepreneurs individuels, voici ce que couvre réellement le régime obligatoire en 2026. Ces chiffres ne concernent pas les professions libérales relevant de la CNAVPL, dont les règles et montants sont propres à chaque caisse.


  • Sur l'invalidité


La pension pour invalidité totale et définitive est égale à 50 % du revenu annuel moyen du dirigeant, calculé sur ses dix meilleures années d'activité. Un plancher et un plafond encadrent ce montant. Elle ne peut être inférieure à 747 € par mois au 1er avril 2026, ni supérieure à 50 % du plafond de la Sécurité sociale. Pour un dirigeant dont le revenu dépassait largement ce plafond, la baisse de niveau de vie est souvent significative. En cas d'invalidité partielle, le scénario le plus fréquent, la pension est encore plus restreinte.


  • Sur le décès


La SSI verse un capital décès forfaitaire, dont le montant dépend du plafond annuel de la Sécurité Sociale (PASS = 48 060 € en 2026) et de la situation du dirigeant au moment du décès.


Situation du dirigeant 

Capital décès versé 

En activité (20 % du PASS) 

9 612 € 

Retraité (8 % du PASS) 

3 844,80 € 

Ces montants forfaitaires ne tiennent pas compte des besoins réels de la famille ni des charges du foyer. Ils suffisent rarement à maintenir le niveau de vie en cas d'invalidité, ou à couvrir les besoins des proches en cas de décès.


II) Prévoyance TNS et loi Madelin : comment calibrer votre couverture en 2026 ?


Pour la plupart des dirigeants TNS, le principal levier pour compléter le régime obligatoire est la loi Madelin, un dispositif qui permet de déduire du bénéfice professionnel imposable les cotisations versées sur des contrats de prévoyance individuels. Encore faut-il calibrer correctement ses plafonds de déduction et ses garanties.


A) Plafonds de déduction Madelin 2026 : logique de calcul et optimisation fiscale


Le plafond annuel de déduction se calcule à partir de deux composantes, 3,75 % du bénéfice imposable et 7 % du PASS, dans la limite de 3 % de 8 fois le PASS. Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, cela donne deux repères :

Repère 

Montant 2026 

Plancher de déduction : 7 % du PASS, même si le bénéfice est faible ou nul 

3 364,20 € 

Plafond absolu (3 % × 8 PASS), tous revenus confondus 

11 534,40 € 

Exemple concret

Bénéfice imposable : 60 000 €

Calcul : (60 000 € × 3,75 %) + 3 364,20 €

Plafond de déduction : environ 5 614 € au titre de la prévoyance et de la mutuelle réunies


Deux conditions sont indispensables pour bénéficier de cette déductibilité, souvent méconnues :


• le contrat doit être souscrit à titre individuel par le TNS lui-même, il ne peut pas être comptabilisé comme une charge de l'entreprise, contrairement à un contrat collectif ;


• les cotisations doivent être versées de manière régulière, car une interruption prolongée peut remettre en cause le bénéfice fiscal. En cas de difficulté de trésorerie, mieux vaut contacter l'assureur avant de suspendre les versements.


B) Les garanties essentielles à calibrer : IJ, invalidité partielle et totale, décès


Trois garanties méritent une attention particulière dans un contrat Madelin prévoyance.


Les indemnités journalières complémentaires ont pour objet de compenser la perte de revenus personnels du dirigeant pendant l'arrêt. La couverture des charges fixes de l'entreprise relève d'une garantie distincte : la garantie frais généraux. Le montant à assurer dépend de vos revenus, de vos charges mensuelles, de votre épargne disponible et de votre capacité à tenir financièrement sans revenus.


La garantie invalidité est souvent sous-dimensionnée. La distinction entre invalidité partielle, une perte d'une partie de la capacité de travail, et invalidité totale et définitive est essentielle. Les taux d'indemnisation et les seuils de déclenchement varient fortement d'un contrat à l'autre. C'est un point souvent sous-estimé par les dirigeants.


La garantie décès doit être calibrée sur les besoins réels de la famille, avec un capital à verser, une rente pour le conjoint et une rente éducation pour les enfants. Elle s'articule avec les autres outils de transmission, assurance-vie et clause bénéficiaire, pour éviter les doublons ou, à l'inverse, les manques de couverture.


C) TNS vs. assimilé salarié (SASU/SAS) : deux logiques de couverture à ne pas confondre


Le président de SAS ou de SASU relève d'une logique de prévoyance entièrement différente de celle du TNS. Du fait de son statut d'assimilé salarié, il n'a pas accès à la loi Madelin et ne peut donc pas déduire ses cotisations de prévoyance de son revenu imposable au titre de ce dispositif.


Pour ce profil, deux alternatives existent :

• la mise en place d'un contrat collectif obligatoire au niveau de la société, dont les cotisations sont déductibles du résultat de l'entreprise et exonérées de charges sociales dans certaines limites ;

• la souscription d'un contrat individuel sans avantage Madelin, financé sur les revenus nets du dirigeant.


Cette distinction pèse directement dans le choix de la structure juridique d'exercice, et dans l'arbitrage entre rémunération et dividendes pour un dirigeant de SASU.


III) Intégrer la prévoyance dans une stratégie patrimoniale globale


A) Contrats Madelin existants et réforme 2026 : pourquoi un audit s'impose


Pour les dirigeants disposant déjà d'un contrat de prévoyance dirigeant souscrit dans le cadre Madelin, la réforme de l'assiette sociale est l'occasion de vérifier que les garanties en cours restent adaptées à votre situation. Des garanties calibrées il y a plusieurs années, sur une ancienne base de calcul, peuvent aujourd'hui être mal ajustées.


Deux situations, notamment, doivent être vérifiées de près.


• Les contrats dont les garanties IJ ont été calibrées en complément direct du régime de base. Si celui-ci évolue, la complémentaire peut créer un doublon partiel, ou au contraire révéler une insuffisance non anticipée.


• Les contrats anciens à garanties figées. L'inflation et l'évolution du niveau de vie du dirigeant peuvent rendre obsolètes des montants qui semblaient suffisants dix ans plus tôt.


B) Prévoyance, PER et assurance-vie : comment arbitrer selon votre situation


Trois arbitrages permettent d'articuler la prévoyance avec le reste du patrimoine : le PER, l'assurance-vie et l'horizon professionnel.


Prévoyance et PER : Les deux bénéficient d'une déductibilité fiscale pour le TNS, mais relèvent de plafonds distincts et répondent à des objectifs différents. La prévoyance protège contre les aléas de la vie active, le PER prépare la retraite. Une allocation cohérente entre les deux enveloppes permet d'optimiser la déduction fiscale globale.


Prévoyance et assurance-vie : L'assurance-vie peut compléter la couverture décès via la clause bénéficiaire, mais elle ne remplace pas une garantie invalidité ou IJ. Les deux outils sont complémentaires : l'un protège le flux de revenus pendant la vie active, l'autre organise la transmission du capital.


L'horizon de vie professionnelle : Un dirigeant jeune, avec des charges fixes importantes, privilégiera souvent les garanties IJ et invalidité. Un dirigeant proche de la retraite peut progressivement rééquilibrer vers la protection du conjoint et la transmission.


C) Définition d'invalidité, franchise et revalorisation : les clauses qui changent tout


La qualité réelle d'un contrat de prévoyance dépend moins du taux de cotisation affiché que de trois clauses contractuelles.


La définition de l'invalidité : Certains contrats retiennent une définition professionnelle, limitée à l'incapacité d'exercer votre propre profession. D'autres appliquent une définition fonctionnelle, plus restrictive, qui vise l'incapacité à exercer toute profession. Pour un chirurgien, un avocat plaidant ou un artisan, l'écart de protection entre les deux définitions peut être important.


Le délai de franchise : C'est la période pendant laquelle aucune indemnité n'est versée après le début de l'arrêt. Une franchise de 90 jours, par exemple, représente trois mois sans revenu de remplacement à financer sur l'épargne personnelle. Calibrer ce délai selon sa capacité de résistance financière est une décision patrimoniale autant qu'assurantielle.


La clause de revalorisation : Une rente d'invalidité non revalorisée peut perdre de sa valeur réelle au fil des années, sous l'effet de l'inflation. La présence d'une clause de revalorisation annuelle dans le contrat, et l'indice sur lequel elle repose, sont donc à vérifier pour garantir une protection qui dure.



La prévoyance du dirigeant TNS ne se limite pas au régime obligatoire. La réforme de l'assiette sociale d'avril 2026 ne change pas cette nécessité de la compléter : elle en change simplement la base de calcul. C'est l'occasion de vérifier que vos garanties (indemnités journalières, invalidité, décès) sont toujours à la hauteur de votre situation actuelle, et non de celle d'il y a dix ans.


Un conseiller en gestion de patrimoine peut auditer vos contrats existants, calibrer vos garanties au regard de votre situation réelle et les articuler avec vos autres outils patrimoniaux : PER, assurance-vie, transmission.


Prenez rendez-vous pour un bilan patrimonial personnalisé.


FAQ - Questions fréquentes


La réforme de l'assiette sociale 2026 va-t-elle augmenter mes cotisations ?

Dans son principe, non. L'Urssaf indique que le montant global des prélèvements sociaux est conçu pour rester équivalent. La réforme réorganise la base de calcul et rééquilibre la répartition entre CSG-CRDS et cotisations contributives ; elle ne vise pas à alourdir la charge globale, même si les effets concrets peuvent varier selon les situations.

Non. Le président de SASU est assimilé salarié et relève du régime général : il n'a pas accès au dispositif Madelin. Sa prévoyance complémentaire passe par un contrat collectif au niveau de la société, ou par un contrat individuel sans déductibilité au titre du régime des TNS.

Oui, depuis le 1er juillet 2021, ce qui n'était pas le cas auparavant. Le versement reste toutefois limité : délai de carence de 3 jours, puis indemnisation plafonnée à 90 jours. Au-delà, seule une pension d'invalidité, sous conditions, peut prendre le relais.

À chaque changement significatif : évolution du revenu, changement de statut, réforme affectant le régime de base, ou simplement si le contrat n'a pas été révisé depuis plusieurs années. La réforme de l'assiette sociale d'avril 2026 constitue précisément l'une de ces occasions.

L'invalidité partielle correspond à une perte partielle de la capacité à exercer son activité : le dirigeant peut encore travailler, mais dans des conditions réduites. L'invalidité totale et définitive correspond à une incapacité complète. Les taux d'indemnisation et les seuils de déclenchement diffèrent selon les contrats, c'est l'un des points les plus importants à vérifier avant de souscrire.

Oui. Les deux répondent à des objectifs distincts et se complètent dans une stratégie patrimoniale globale : la prévoyance couvre les aléas de la vie active, arrêt, invalidité, décès prématuré, tandis que l'assurance-vie organise la transmission du capital et peut renforcer la protection du conjoint via la clause bénéficiaire.


Sources : Urssaf - Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations des travailleurs indépendants (urssaf.fr) ; article 18 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la Sécurité sociale pour 2024 (Légifrance) ; décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 ; loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2025 (report du calendrier d'application à la régularisation d'avril 2026) ; entreprendre.service-public.gouv.fr - actualité du 20 avril 2026 ; arrêté du 1er avril 2026 portant approbation du règlement du régime d'assurance invalidité-décès des travailleurs indépendants (Légifrance, JORFTEXT000053762016) ; Code de la sécurité sociale, article L. 241-3 ; arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la Sécurité sociale pour 2026 ; Code général des impôts, article 154 bis (loi Madelin, Légifrance) ; Bulletin officiel des impôts 5 G-7-05 (modalités de calcul du plafond de déduction Madelin prévoyance) ; ameli.fr - pension d'invalidité et capital décès des travailleurs indépendants ; service-public.fr - protection sociale du travailleur indépendant.

 
 
 

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